Je dis non au tabac

La cigarette en France :
les chiffres clés

La France est dans les dernières analyses européennes sur le tabagisme en 4ème position pour le pourcentage de fumeurs, derrière la Grèce, la Bulgarie et la Croatie (Eurobaromètre).

Le tabagisme, qu’il soit actif ou passif, est un véritable problème de Santé publique : chaque année, il tue plus de 78000 personnes en France1, soit 1 décès sur 14, parmi lesquels 59 000 sont des hommes et 19000 des femmes.

Les femmes fument presque autant que les hommes

Depuis ces cinquante dernières années, la consommation régulière de tabac chez les hommes a diminué passant de près de 60% de fumeurs réguliers dans les années 60-70 à 28,2% en 20142 Même si les  hommes restent les plus gros consommateurs de tabac l’écart avec les femmes se resserre depuis les années 70, période où l’industrie du tabac a commencé à s’intéresser à elles et à mettre en place des stratégies pour les séduire. 

D’après l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), en 1974, sur 100 fumeurs, 33 étaient des femmes et 67 des hommes , alors qu’en 2012, on notait une nette évolution, avec  46 femmes fumeuses pour 54 hommes fumeurs3.

Des jeunes très dépendants

En France, parmi les adolescents âgés de 15 ans, plus de 5 sur 10 ont déjà expérimenté le tabac et environ 2 sur 10 fument quotidiennement4. En 2014, 33% des garçons et 30% des filles de 17 ans fumaient de façon régulière.

Parmi ces jeunes fumeurs, l’usage régulier, c’est-à-dire quotidien, du tabac augmente sensiblement avec l’âge5 :

  • 73% chez les 15-17 ans ;
  • 75% chez les 18-19 ans
  • et 84% chez les 20 et 25 

Quelle que soit la tranche d’âge, les garçons fument en moyenne plus de cigarettes par jour que les filles. Entre 15 et 17 ans, les garçons consomment 10,5 cigarettes par jour contre 8,3 pour les filles, chez les 18-19 ans, ce nombre moyen passe à 12,8 cigarettes quotidiennes chez les garçons contre 10,5 chez les filles et entre 20 et 25 ans, les hommes fument 13,1 cigarettes par jour pour 11,4 chez les femmes.

Le tabac, première cause de décès évitable

  • En France, 1 cancer sur 3 est lié au tabagisme1. Il  est responsable chez l’homme de 90% des cancers du poumon. Il participe également à la survenue de nombreux autres cancers (larynx, pharynx, vessie, estomac, œsophage, pancréas, rein, foie et leucémie…).
  • Le tabagisme est une cause majeure d’accidents cardiovasculaires : infarctus du myocarde, mais également accident vasculaire cérébral, artérite des membres inférieurs et anévrysme de l’aorte abdominale. C’est le facteur de risque cardiovasculaire qui frappe le plus tôt et la première cause de décès cardiovasculaire évitable !
  • Il est le responsable presque exclusif de la bronchopathie chronique obstructive qui conduit à l’insuffisance respiratoire chronique et également responsable d’asthme et d’emphysème.
  • Il favorise la survenue du diabète, fait baisser le « bon » cholestérol (HDL cholestérol).
  • Il favorise  les gastrites, la parodontite et aggrave le psoriasis.

Des actions politiques fermes attendues dans la lutte contre le tabagisme

Suite à la « loi Veil » du 9 juillet 1976 relative à la lutte contre le tabagisme et renforcée par la « loi Evin » en janvier 1991, les ventes de tabac ont légèrement diminué mais se sont stabilisées pendant plusieurs années avec 103 millions de tonnes de tabac vendues en 1992 et 93,1 millions en 1999.

Depuis les années 2000, les ventes de cigarettes manufacturées ont diminué notablement : en 2001, 83,5 milliards de cigarettes avaient été vendues tandis qu’en 2013, ce chiffre s’élevait à 47,5 milliards d’unités vendues. Cette baisse des ventes s’explique principalement par la hausse du prix des paquets de 20 cigarettes passant en moyenne de 3,35€ en 2001 à 6,70€ en 2013. A noter cependant qu’elle s’est principalement produite au moment de la très forte augmentation du prix lors du Plan Cancer 1 en 2003 (+40% en 14 mois) et que les augmentations plus récentes même répétés, mais trop faibles, n’ont eu guère d’effet. Plus récemment, la baisse observée peut en partie être rapportée à l’arrivée de la cigarette électronique.

Le Ministère de la Santé a lancé en septembre 2014 un Programme National de Réduction du Tabagisme6. Ses grandes orientations sont :

1. Protéger les jeunes et éviter l’entrée dans le tabac,

2. Aider les fumeurs à s’arrêter,

3.Agir sur l’économie du tabac

L’introduction du « paquet neutre », qui a déjà fait la preuve de son intérêt en Australie, est une des éléments de ce programme. Il sera la seule présentation possible des cigarettes dès janvier 2017.

L’Alliance contre le tabac, dont la Fédération Française de Cardiologie est membre fondateur, a largement contribué à l’élaboration de ce programme et partage totalement ses orientations. Il est juste à regretter que l’augmentation du prix du tabac, dont l’efficacité avait été amplement démontrée en 2003, ne fasse pas partie de ce programme. La Fédération participe au Comité de Coordination de ce programme.

Sources :

1. Ribassin-Majed L, Hill C. Trends in tobacco-attributable mortality
in France
. Eur J Public Health 2015.

2. Guignard R, Beck F, Richard JB, Lermenier A, Wilquin JL, Nguyen-Thanh V. La consommation de tabac en France en 2014 : caractéristiques et évolutions récentes. INPES. Evolutions 2015.

3. Ng M, Freeman MK, Fleming TD et al. Smoking prevalence and cigarette consumption in 187 countries, 1980-2012. JAMA  2014; 311:183-92

4. Publication WHO/Europe

Tabac : pour mon coeur j'arrête maintenant !