Les pathologies cardio-vasculaires

Zoom sur
le syndrome métabolique

Dans le cadre de l’étude internationale Monica coordonnée par l’Organisation Mondiale de la Santé, trois centres Français (Inserm de Lille, de Toulouse et le Laboratoire Universitaire d’Epidémiologie de Strasbourg) ont estimé la prévalence du syndrome métabolique en France à 22,5% chez les hommes et 18,5% chez les femmes1.

Qu’est-ce que le syndrome métabolique ?

Le syndrome métabolique ne se définit pas comme étant une maladie. Il se traduit par la présence de plusieurs troubles physiologiques et biochimiques. Ce syndrome est un véritable fléau mondial.

Reconnu depuis les années 1920, le syndrome métabolique, aussi appelé « syndrome X », désigne la coexistence de plusieurs troubles de santé d’origine lipidique, glucidique ou vasculaire associés à un excès de poids, chez un même individu. L’ensemble de ces désordres métaboliques augmente considérablement le risque de diabète de type 2, de maladies cardiaques et d’accident vasculaire cérébral (AVC). La signification clinique exacte du syndrome métabolique diffère selon les pays et les organismes de santé. La première définition officielle a été donnée en 1999 par l’Organisation Mondiale de la Santé2 mais d’autres définitions ont été depuis proposées, notamment celle du National Cholesterol Education Program Adult Treatment Panel III3. En raison des divergences d’opinion et afin d’éviter les confusions, la Fédération Internationale du Diabète (FID) a fait appel à des experts du Monde entier pour livrer une nouvelle définition du syndrome métabolique. Selon la FID, une personne est atteinte du syndrome métabolique4 lorsqu’elle présente une obésité abdominale (= un tour de taille supérieur à 94 cm chez les hommes et 80 chez les femmes) et au moins deux des facteurs suivants :

  • Taux élevé de triglycérides : le taux de triglycérides est égal ou supérieur à 1,7 mmol/L, l’équivalent de 150 mg/dL.
  • Faible taux de cholestérol HDL (= le « bon » cholestérol) : le taux de cholestérol HDL est inférieur à 1,03 mmol/L (40 mg/dL) chez un homme et à 1,29 mmol/L (50 mg/dL) chez une  femme.
  • Hypertension artérielle : la tension artérielle, également appelée « pression » artérielle, est supérieure ou égale à 130 mmHg pour la pression artérielle systolique et à 85 mmHg pour la pression artérielle diastolique.
  • Taux élevé de glycémie veineuse : la glycémie veineuse à jeun est égale ou supérieure à 5,6 mmol/L (100 mg/L).

Bon à savoir : La Fédération Internationale du Diabète prévoit des différences entre les populations pour les seuils d’embonpoint abdominal. Par exemple, pour les populations d’Asie du Sud et de Chine, on considère la présence d’une obésité abdominale lorsque le tour de taille est supérieur à 90 cm chez les hommes et 80 cm chez les femmes tandis que pour les Japonais, ces valeurs sont de 85 cm pour les hommes et 90 pour les femmes. Dans la majorité des cas, le syndrome métabolique engendre une résistance de l’organisme à l’insuline, une hormone sécrétée par le pancréas. Cette dernière joue un rôle prépondérant dans l’absorption du sucre (= glucose) présent dans le sang par les cellules, ainsi que dans le stockage et la transformation du glucose en énergie. L’insulino-résistance peut entrainer de nombreuses complications notamment :

  • L’apparition du diabète de type 2. La résistance à l’insuline pousse le pancréas à sécréter toujours plus d’insuline afin de maintenir un taux de glycémie (= sucre dans le sang) « normal ». Sur le long terme, le pancréas s’épuise et l’hyperglycémie devient chronique.
  • L’augmentation du taux de cholestérol LDL (le « mauvais » cholestérol ») et du taux de triglycérides. L’excès de cholestérol détériore progressivement les artères, favorise l’apparition de caillot (= thrombus) et augmente le risque de maladies cardiovasculaires.
  • La survenue d’une hypertension artérielle, caractérisée par une hyperpression du sang exercée contre la paroi artérielle. A terme, l’hypertension peut entrainer un infarctus du myocarde, un AVC, une artérite des membres inférieurs ou une insuffisance rénale.

Comment prévenir et traiter le syndrome métabolique ?

Le syndrome métabolique est favorisé par le manque d’activité physique, la sédentarité, l’obésité ainsi que la mauvaise alimentation. Afin de prévenir ce syndrome et notamment l’insulino-résistance, on préconise d’adopter une hygiène de vie saine :

  • Pratiquer une activité physique de type aérobie (marche rapide, jogging, cyclisme, natation…) au moins 30 minutes par jour 5 fois par semaine. Les sédentaires doivent reprendre le sport de façon progressive, sans forcer et en augmentant jour après jour l’intensité et la durée de l’activité physique. De plus, la pratique régulière d’un sport permet de perdre du poids, de maintenir un poids santé et donc de lutter contre le surpoids et l’obésité. L’embonpoint abdominal, c’est-à-dire l’accumulation de graisses autour de la taille, favorise l’insulino-résistance et augmente les risques de maladies cardiovasculaires.
  • Adopter une alimentation saine et équilibrée : augmenter la consommation de fruits et légumes (5 portions ou plus par jour dans l’idéal), privilégier les aliments riches en oméga-3 (thon, saumon, noix…) et en oméga-9 (avocat, huile d’olive…) et éviter ceux riches en gras saturés (charcuterie, pâtisserie, sodas, fromage et viandes grasses, plats préparés…), diminuer l’apport calorique, limiter le sel dans la préparation et pendant les repas…
  • Eviter le tabac et l’alcool.
  • Faire régulièrement des bilans de santé. Un suivi médical régulier est de mise afin de dépister les facteurs de risque (hypertension artérielle, hypercholestérolémie, hyperglycémie, diabète de type 2…) et de prévenir le syndrome métabolique. Il n’existe aujourd’hui aucun traitement médicamenteux qui puisse « guérir » exclusivement le syndrome métabolique. Néanmoins, il est possible de traiter spécifiquement l’hypertension artérielle, l’excès de cholestérol ou encore le diabète de type 2 pour limiter les risques de maladies cardiovasculaires.

Sources :

1. Gamila S, Dallongeville J. Épidémiologie du syndrome métabolique en France ; 2003.

2. World Health Organization. Definition, diagnosis and classification of diabetes mellitus and its complications. Report of a WHO consultation ; 1999.

3. Executive Summary of the Third Report of the National Cholesterol Education Program (NCEP). Expert panel on detection, evaluation and treatment of high blood cholesterol in adults (adult treatment panel III) ; JAMA 2001.

4. International Diabetes Federation (Idf). Zimmet Paul, Alberti George, Shaw Jonathan. Nouvelle définition globale du syndrome métabolique : raisonnement et résultats ; septembre 2005 ; vol. 50 n°3.