La réadaptation cardiaque : phase 3

Envoyer un ami

Cette troisième phase de la réadaptation est en fait le commencement d'une nouvelle vie pour le cardiaque.

Fort de son éducation aux différents aspects de la prévention, le patient aura à cœur d'adopter cette nouvelle hygiène de vie et, si possible, de la faire partager à son entourage : ne pas fumer, suivre les règles de l'alimentation équilibrée, contrôler ses facteurs de risque (obésité, cholestérol, triglycérides, diabète...), appliquer son traitement avec assiduité.

Il lui faudra aussi poursuivre des activités sportives afin d'entretenir la bonne condition physique acquise lors de la phase 2 de la réadaptation: au moins trois séances d'une heure de sport par semaine. Les sports pratiqués auront été définis avec le cardiologue en fin de phase 2. Il s'agit essentiellement de la marche athlétique (marche soutenue), de la bicyclette et de la natation.

L’activité physique est bonne pour le cœur

D’une part, l’activité physique régulière améliore l’équilibre glucidique, réduit le poids et la tension artérielle et tend à normaliser le bilan lipidique. D’autre part, elle a une action sur le système nerveux autonome qui contrôle l’activité cardiaque. Le sport augmente le tonus parasympathique (qui freine le cœur) et diminue le tonus sympathique (qui accélère le cœur) : ceci réduit le risque de trouble du rythme et de mort subite.

De plus, l’arrivée du sang dans le muscle cardiaque par les artères coronaires (perfusion myocardique) s’améliore après ré-entraînement. On pensait autrefois que le sport améliorait la vascularisation des muscles périphériques entraînés (par exemple, les muscles des jambes) mais il semble que les artères coronaires s’améliorent aussi grâce à l'effort; il y aurait une meilleure capacité de vasodilatation (dilatation des vaisseaux).

Activité physique recommandée : pourquoi ?

Tout d’abord, il faut savoir que la sédentarité est un facteur de risque cardiovasculaire, c’est-à-dire qu’elle est associée à un risque élevé de maladies cardiovasculaires. Par ailleurs, il a été montré qu’un programme d’entraînement physique, dans le cadre d’une prévention multi-factorielle, permet une baisse de la mortalité cardiovasculaire dans le post-infarctus. En 1996, une conférence de consensus recommandait la pratique régulière d’une activité physique, environ trente minutes tous les jours de la semaine.

gymnastique au club Cœur et Santé de Bligny

La phase 3 et les Clubs Cœur et Santé

La réadaptation cardiaque commence tôt après un problème cardiovasculaire. Mais, dans le cadre de la prévention secondaire, les actions actuelles du système de santé sont tournées essentiellement vers la phase 1 (phase hospitalière) et la phase 2 (phase post- hospitalière).

La Fédération Française de Cardiologie, avec ses associations régionales, a donc créé les Clubs Cœur et Santé, dont l’un des objectifs est de favoriser cette phase 3, essentielle dans la réadaptation cardiaque. Deux arguments plaident en faveur d’une activité physique pratiquée en groupe et encadrée (en clubs) par rapport à celle pratiquée individuellement et à domicile : la sécurité et la fidélité.

La fidélité

...ou assiduité, apparaît dans plusieurs études qui ont montré que les taux de participation, après six mois, étaient plus importants dans des programmes menés en groupes que lors d'une activité individuelle. Il est clair que le caractère régulier et programmé d’une activité menée en groupe incite à plus de fidélité. S’il est facile de trouver une excuse pour ne pas faire une heure de marche solitaire et quotidienne, il est plus difficile d’expliquer au groupe une absence de plusieurs semaines; il est plus difficile d’expliquer pourquoi il n’a pas été possible de trouver une heure dans la semaine pour faire de la gymnastique ou du cyclo-ergomètre (ou bicyclette ergométrique : bicyclette d'exercice destinée à mesurer l'effort fourni) au sein du club.

La sécurité

Même s’il ne s’agit que d’exercices de faibles intensités et que les patients sont de mieux en mieux traités grâce aux gestes de revascularisation et aux nouveaux traitements médicamenteux, la pratique physique et sportive comporte néanmoins un faible risque d’accident cardiovasculaire. La pratique en club, encadrée par des cardiologues bénévoles, des kinésithérapeutes, des diplômés Activité Physique Adaptée et Santé, améliore encore cette sécurité.

Le bon cap de la prévention

promenade automnale Cœur et Santé de BlignyDe façon générale, après la réadaptation cardiaque, les patients vont garder un bon bilan lipidique grâce au régime et aux médicaments hypolipémiants. Mais avec le temps, on voit, comme le montrent pratiquement toutes les études, une perte de bénéfice quant au sevrage tabagique et à la baisse de la tension artérielle.

Les participants à la phase 3 au sein du Club effectueront réellement trois heures d’activités physiques et sportives par semaine et garderont un poids idéal ; leur indice de masse corporelle est inférieur à celui des non participants, ceci de façon significative d’un point de vue statistique. Le club Cœur et Santé apparaît ainsi comme une étape complémentaire à la réadaptation, le maintien d’une réduction pondérale, notamment, contribuant à améliorer le pronostic des maladies cardiovasculaires.

L’inscription à un Club et la participation aux activités physiques et sportives de phase 3 proposées permettent à un cardiaque de mieux maintenir le bon cap de la prévention. Les activités menées en groupes, activités physiques mais aussi éducatives, diététiques, permettent aux patients de continuer à modifier dans le bon sens leur hygiène de vie, leurs comportements alimentaires et psychologiques.