Je dis non au tabac

Il n’y a pas de
petit tabagisme sans risque !

Un fumeur consommant en moyenne 1 cigarette par jour a la moitié du risque cardio-vasculaire d’un fumeur de 20 cigarettes[1]

Fumer peu n’est pas si dangereux est une idée fausse !

Beaucoup de fumeurs qui ne consomment que quelques cigarettes par jour ou qui ont réduit leur consommation quotidienne pensent se mettre à l’abri des conséquences du tabagisme sur leur santé.

Il s’agit d’une idée largement répandue et qui a été ces derniers temps renforcée par une orientation vers des politiques de réduction de risque dans différents domaines. Mais c’est une idée fausse pour le tabac !

Certes, il existe une relative proportionnalité entre l’intensité de consommation et le risque cardio-vasculaire et celui de cancer, mais ce risque est déjà significativement présent et relativement élevé pour une consommation de quelques cigarettes[2,3]. Il existe même pour un non-fumeur exposé à un tabagisme passif[2,4]. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle il a été décidé d’interdire de fumer dans les lieux publics.

Tabagisme : Des effets cardio-vasculaires non proportionnels au niveau d'exposition

Une cigarette par jour = la moitié du risque de 20 cigarettes par jour

Ce risque important d’une faible consommation vient d’être confirmé dans une publication récente, analysant une cinquantaine d’études[1]. Elle montre qu’une consommation moyenne d’une seule cigarette par jour représente une augmentation de 48% de risque de maladie coronaire par rapport à un non-fumeur et même de 74% si on ajuste ce risque aux autres facteurs. Cette augmentation de risque est encore plus grande chez la femme, estimée à 57% par rapport à une femme non-fumeuse et à 119% après ajustement sur les autres facteurs de risque.

Dans cette analyse, le risque lié à la consommation d’une seule cigarette par jour est presque la moitié de celui d’une consommation de 20 cigarettes par jour.

Mais, comment cela est-il possible ?

Cette possibilité de survenue d’accidents cardio-vasculaires pour une faible exposition est essentiellement due à l’extrême sensibilité des mécanismes qui interviennent, en l’occurrence la thrombose (formation de caillot) et le spasme (rétrécissement brutal des artères), parallèlement à l’inflammation (intervenant dans la fragilisation des plaques d’athérosclérose).     
                       

 la thrombose (formation de caillot) et le spasme (rétrécissement brutal des artères)

Ces mécanismes expliquent également pourquoi ces accidents cardio-vasculaires peuvent survenir très précocement dès la trentaine sur des artères encore peu ou pas altérées. Rappelons que chez les sujets présentant un infarctus du myocarde avant 50 ans on retrouve, tant chez les hommes que chez les femmes, 70 à 80% de fumeurs et que ce facteur est chez la majorité de ces patients le seul facteur de risque présent.

Pas de petit tabagisme non plus concernant le risque de cancer

Une faible consommation ou l’exposition à un tabagisme passif expose également à un risque de cancer lié au tabagisme (cancer du poumon, mais également 16 autres localisations de cancers), mais avec un impact qui est beaucoup plus corrélé avec la durée d’exposition, contrairement au risque cardio-vasculaire, pour lequel s’ajoute cette notion de précocité.

En pratique, trois messages majeurs :

1/ Fumer même très peu comporte un risque certain, en particulier au plan cardio-vasculaire.

2/ Se protéger, c’est arrêter totalement de fumer et le plus tôt possible.

3/ Et le mieux est encore de ne pas commencer !

 

Références

  1. Hackshaw et al. Low cigarette consumption and risk of coronary heart disease and stroke: meta-analysis of 141 cohort studies in 55 study.
    BMJ 2018;360:j5855a. http://dx.doi.org/10.1136/bmj.j5855   

  2. Teo KK et al. Lancet 2006; 368: 647–58

  3. K Bjartveit, A Tverdal. Tob Control 2005; 14: 315-20

  4. Whincup PH et al. BMJ 2004 ; 329 : 200-5

 

Pour en savoir plus

Underner M, Thomas D. Il faut arrêter de fumer : la seule réduction du tabagisme ne diminue pas le risque de morbi-mortalité cardio-vasculaire.
Rev Med Int 2018 ; 39 : 145-7