Je dis non au tabac

Vapoteuse,
arrêt du tabac ?

La VAPOTEUSE
(CIGARETTE ÉLECTRONIQUE)
UNE AIDE A L’ARRÊT DU TABAC ?

 

« La vapoteuse est pour certains fumeurs une aide efficace pour arrêter de fumer. Elle doit dans ce cas être utilisée de façon transitoire (en l’absence de donnée précise sur ses effets à long terme) et uniquement en vue de l’arrêt de la consommation tabagique.

Elle doit être proscrite chez les non-fumeurs.

Fumer et vapoter dans le même temps n’est pas une solution, car cette conduite ne réduit pas les risques liés au tabac » [1].

L’usage de la cigarette électronique, produit qu’il est préférable à présent d’appeler « vapoteuse » ou « vaporisateur personnel » car n’ayant plus rien d’une cigarette, s’est progressivement répandu en France depuis une dizaine d’années. Il ne s’agit ni un produit du tabac, ni d’un médicament, la vapoteuse restant actuellement classée comme un produit de consommation courante.  

Elle a été initialement développée comme une aide au sevrage tabagique, l’originalité étant une voie différente d’apport de la substitution nicotinique, absorbée au niveau pulmonaire par inhalation d’un aérosol. Elle a cependant été introduite dans la société indépendamment du domaine médical et bien avant que des recherches spécifiques aient pu être menées à son sujet, ce qui explique en partie les controverses sur son innocuité et son efficacité.

Les données du Baromètre Santé de 2017 [2] nous informe que lors de leur dernière tentative d’arrêt au cours des deux années précédant l’enquête, 14,8% des fumeurs ou ex-fumeurs déclaraient avoir utilisé une cigarette électronique isolément et 2,8% une cigarette électronique associée à une substitution nicotinique pharmaceutique (patchs et/ou substituts oraux). Parallèlement 11,7% avaient utilisé la substitution nicotinique pharmaceutique isolément et 1,6% un médicament autre qu’une substitution nicotinique. Enfin 69,1% déclaraient n’avoir utilisé aucune aide à l’arrêt. La vapoteuse est donc devenue le premier recours des fumeurs pour accompagner leur sevrage. Quelle est la pertinence de cette évolution ?

La vapoteuse, c’est quoi ?

La vapoteuse comprend une batterie apportant l’énergie nécessaire à chauffer une résistance qui va permettre la production d’un aérosol à partir du liquide contenu dans la vapoteuse. Les liquides sont composés : d’un solvant organique qui est du propylène glycol et/ou de la glycérine végétale, d’arômes et dans la majorité des cas de nicotine avec une concentration maximale qui selon la directive européenne ne peut être supérieure à 20 mg/ml. C’est l’aspiration par l’usager qui déclenche la production de l’« aérosol » inhalé par le consommateur.

En France, tous les liquides et matériels de vapotage sont enregistrés à l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire de l'Alimentation, de l'Environnement et du Travail (ANSES) (www.anses.fr/fr/system/files/Liste_FR_Vapotage.xls ).

La vapoteuse est-elle un produit sans danger ?

Il n’y a pas de tabac dans une vapoteuse et en utilisation normale le chauffage n’entraine pas de combustion des produits contenus dans le liquide.  Il n’y a donc pas de monoxyde de carbone et la quantité de substances cancérigènes présente dans l’aérosol produit est considérablement réduite par rapport à celle contenue dans la fumée de cigarette. Seule une “surchauffe”, qui peut théoriquement être obtenue avec les vapoteuses les plus récentes mal utilisées, pourrait être associée à une production accrue significative de produits toxiques.

Les émissions de la vapoteuse ont cependant des effets biologiques mesurables, dont on ne connait pas à ce jour les conséquences cliniques et épidémiologiques dans la durée. Seules des études cliniques et épidémiologiques de qualité permettront d’évaluer le bénéfice et les risques exacts de son utilisation sur le long terme. C’est la raison pour laquelle la vapoteuse doit être utilisée :

  • uniquement par des fumeurs
  • exclusivement dans une démarche de sevrage tabagique.

Même si la vapoteuse ne peut être considérée comme totalement dénuée de risque, son utilisation est toujours beaucoup moins risquée que la poursuite du tabagisme.

NB : les cas de toxicité pulmonaire rapportés aux USA en 2019 étaient liés à un détournement d’usage de la vapoteuse, certains utilisateurs ayant mis dans le réservoir des liquides fabriqués ou achetés hors du commerce officiel et contenant des huiles de cannabis, du cannabis synthétique et souvent de l’acétate de vitamine E (produits formellement interdits dans les liquides pour vapoteuses en Europe). Il est donc recommandé de n’utiliser que les liquides commercialisés et de ne pas acheter des liquides dans la rue ni sur Internet.

Peut-on arrêter de fumer grâce à la vapoteuse ?

La vapoteuse est considérée comme une alternative ou un complément au traitement de substitution nicotinique pharmaceutique (patchs, gommes à mâcher, pastilles à sucer, inhaleurs, sprays…) et aux autres aides médicamenteuses qui ont pour but de supprimer de manière lente et progressive la dépendance physique à la nicotine. Nous connaissons tous des fumeurs qui ont réussi un sevrage en utilisant une vapoteuse. Elle est très majoritairement choisie par les fumeurs dans ce but. Comme pour les autres moyens de sevrage, il existe cependant un écart important entre le nombre d’“expérimentateurs” et le nombre de ceux qui “adoptent vraiment le produit” de façon suffisamment prolongée pour parler de tentative de sevrage. Sans être prioritairement mise en avant, elle fait actuellement partie de l’ensemble des aides à l’arrêt discutés dans l’accompagnement du sevrage des fumeurs.

Malgré de nombreuses réussites individuelles, les données scientifiques actuellement disponibles restent encore insuffisantes pour conclure avec certitude qu’à l’échelle populationnelle la vapoteuse est un moyen  plus efficace que les traitements déjà validés pour aider les fumeurs à arrêter de fumer. Une étude britannique, randomisée mais non en double aveugle, a montré une supériorité de la vapoteuse sur la substitution nicotinique [3]. Cependant, les conclusions de la dernière méta-analyse de la littérature sur le sujet restent réservées, parlant de certitude modérée de preuves [4]. Ces incertitudes nécessitent la réalisation d’études prospectives de qualité et un essai clinique randomisé et en double aveugle comparant varénicline et vapoteuse avec ou sans nicotine est en cours en France (ECSMOKE) [5].

Chez les fumeurs ayant réussi un sevrage grâce à la vapoteuse, un avis médical est recommandé en cas de dépendance persistante à la nicotine. Par précaution et dans la mesure où il n’y a pas de risque évident de retour au tabac, l’arrêt de son utilisation est conseillé au-delà de 12 mois.

Ne pas rester vapo-fumeur !

Le vapo-fumage, c’est-à-dire la persistance d’une consommation concomitante de tabac (cigarettes et autres produits du tabac) avec l’utilisation de la vapoteuse n’apporte pas de bénéfice démontré pour la santé. Or, environ la moitié des vapoteurs restent à ce jour des vapo-fumeurs [6]. L’utilisation exclusive avec abandon complet de la consommation de tabac est la seule garantie d’une réelle réduction de risque et doit toujours être l’objectif à atteindre dans les meilleurs délais. Par contre, la vapoteuse peut être associée à la substitution nicotinique pharmaceutique si elle s’avère insuffisante pour couvrir les besoins en nicotine.

Attention ! Ne pas confondre le « tabac chauffé » avec la vapoteuse

Le tabac chauffé, nouveau produit sur le marché depuis quelques années, est volontiers présenté par l’industrie du tabac comme un équivalent de vapoteuse, alors qu’il ne doit absolument pas lui être assimilé. Ce sont de mini-cigarettes de tabac imprégnées de propylène glycol qui, insérées dans un dispositif électrique, sont chauffées par une résistance et libèrent un aérosol contenant un mélange de vapeur et de fumée. La combustion classique d’une cigarette, aux alentours de 650°C, est remplacée par une pyrolyse (340°C). A cette température, sont libérées des substances toxiques similaires à celles des tabacs fumés, même si en moindre quantité. Le produit phare, commercialisé en France, est IQOS (I Quit Ordinary Smoking). Le tabac chauffé ne peut être présenté comme un produit de « réduction de risque » pour la santé, ni comme un moyen de sevrage. Il apparait même qu’il puisse faire entrer plus de non-fumeurs dans le tabagisme qu’il ne fait sortir de fumeurs de la dépendance au tabac.

Fiche : La e-cigarette, un moyen de sevrage tabagique ?

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Sources

  1. Communiqué de la Société Francophone de Tabacologie et de la Société de Pneumologie de Langue Française 2019. 
    http://societe-francophone-de-tabacologie.org/dl/Vape-SFT_SPLF-MoissansTabac-20191101.pdf

  2. Guignard R, Verrier F, Quatremère G et al.  Tentatives d’arrêt du tabac, aides utilisées et maintien de l’abstinence tabagique : une analyse rétrospective des données du Baromètre de Santé publique France 2017. Bull Epidémiol Hebd. 2021;(1):2-11.
     http://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2021/1/2021_1_1.html

  3. Hajek P, Phillips-Waller A, Przulj D, et al. A randomized trial of e-cigarettes versus nicotine-replacement therapy. N Engl J Med 2019;380:629-37

  4. Hartmann-Boyce J, McRobbie H, Lindson N, et al. Electronic cigarettes for smoking cessation. Cochrane Database Syst Rev. Published online October 14, 2020. doi:10.1002/14651858.CD010216.pub4

  5. Berlin I, Dautzenberg B, Lehman B et al. Randomised, placebo-controlled, double-blind, double-dummy, multicentre trial comparing electronic cigarettes with nicotine to varenicline and to electronic cigarettes without nicotine: the ECSMOKE trial protocol. BMJ Open 2019;9:e028832

  6. Pasquereau A, Quatremère G, Guignard R et al. Baromètre de Santé publique France 2017. Usage de la cigarette électronique, tabagisme et opinions des 18-75 ans. 2019

Tabac : pour mon coeur j'arrête maintenant !

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Mis à jour le 26/03/2021