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Impacts
du premier confinement

Date de publication : 11 mars 2021

Les dégâts cardiovasculaires et psychologiques,
impacts du premier confinement.

Des chercheurs du CHU de Toulouse, dont le Professeur Jean Ferrières de la Fédération Française de Cardiologie, ont étudié l’impact du premier confinement sur la santé d’habitants de la Haute-Garonne représentatifs de la population générale. L'étude française PSYCOV-CV montre qu’après un mois et demi de confinement, 63 % des participants présentent une aggravation du risque cardiovasculaire et 32 % ont développé des symptômes anxio-dépressifs ou une dépression !

Le 17 mars 2020, le gouvernement français met en place un confinement à domicile, pour répondre à la pandémie de la Covid-19. Toute la population générale a été contrainte de se confiner afin de limiter la transmission du virus, en particulier aux personnes à risque de forme grave dont la prise en charge hospitalière pouvait être menacée. Il paraissait probable que le confinement engendrerait des manifestations psychologiques négatives (telles que l’anxiété et la dépression) susceptibles d’avoir un impact sur l’aggravation des facteurs de risque cardiovasculaire. L’étude PSYCOV-CV a mis en lumière les conséquences de ce premier confinement sur la santé mentale ainsi que sur le risque cardiovasculaire, tous les deux identifiés comme enjeux majeurs de santé publique.

Cette enquête a porté sur 536 sujets âgés de 50 à 89 ans de la Haute-Garonne, ayant déjà participé à une précédente enquête sur les facteurs de risque cardiovasculaire (étude MONA LISA). Le taux de participation a été de près de 70% avec autant d’hommes que de femmes. Les entretiens téléphoniques ont visé à recueillir des caractéristiques socio-démographiques, des éléments de contexte lié à la Covid-19, les habitudes de vie et l’humeur des participants durant le confinement ainsi qu’une éventuelle majoration des traitements cardiovasculaires, hypertension et diabète par exemple ou la survenue d’un événement cardiovasculaire. Ces questionnaires soumis ont été préalablement développés et validés par des équipes de chercheurs internationales. Avant tout, il faut souligner que plus de 91 % des participants ont respectés les règles du confinement.

Première constatation apparue : 63% des participants ont rapporté une diminution de leur activité physique ou une dégradation de leur alimentation et donc une aggravation du risque cardiovasculaire. Pendant le confinement, les participants décrivent une augmentation de la consommation de produits sucrés dont l’alcool, de matières grasses, de féculents, non compensée par une consommation de fruits et de légumes, et pour certains une prise de poids par rapport à avant le confinement. Idem, pour la consommation tabagique, pour 4% des fumeurs participants elle a aussi augmenté, d’au moins 1 cigarette par jour.

Un phénomène particulièrement marqué chez les femmes les plus jeunes, qui présentent près de 2 fois plus fréquemment une aggravation du risque cardiovasculaire mais aussi chez les participants vivant en zone urbaine ou encore ceux qui ont continué de travailler en présentiel en contact avec le public.

En revanche, l’impact semble avoir été moindre chez ceux dont le confinement n’a pas eu réellement de conséquences par rapport à leur vie d’avant et ceux vivant avec des enfants de moins de 18 ans. D’autre part, durant le confinement, les participants ont déclaré la survenue d’un évènement cardiovasculaire et de deux majorations des traitements cardiovasculaires, ce qui reflète un net ralentissement des consultations médicales hors Covid.

Autre observation établie : 32% des participants ont rapporté des symptômes d’anxiété ou de dépression durant le confinement. Les participants qui se sentaient socialement isolés ou qui n’étaient pas totalement convaincus par l’efficacité des gestes barrières, ceux qui vivaient dans un logement sans terrasse ni balcon ou qui ont connu une détérioration de leur relation de couple, ont été les plus touchés. Mais pour ceux qui avaient une alimentation plus équilibrée avant le confinement ils présentaient 2 fois moins fréquemment de symptômes d’anxiété ou de dépression durant le confinement.

Tous ces résultats améliorent la compréhension de l'impact du confinement sur la santé, en particulier dans une population qui pourrait être soumise à de nouvelles périodes de restriction ou de confinement. Les chercheurs suivront et analyseront les résultats pendant une année, pour peut-être préciser le lien entre santé mentale et aggravation du risque cardiovasculaire.

 

Pour lire l'intégralité de l'étude en langue anglaise : "Lockdown-related factors associated with the worsening of cardiovascular risk and anxiety or depression during the COVID-19 pandemic"

 

Références : E. Bérard1S. Huo Yung Kai1, N. Coley1, V. Bongard1,2, J. Ferrières1,2 au nom de tous les auteurs de PSYCOV-CV

Preventive Medicine Reports Volume 21, March 2021, 101300. https://doi.org/10.1016/j.pmedr.2020.101300

1. UMR 1295 INSERM, Université de Toulouse III et Service d’Epidemiologie,

2. Fédération de Cardiologie, CHU de Toulouse.

 

 

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Mis à jour le 15/03/2021