Vivre avec la maladie

Témoignage : Laetitia
41 ans, greffée en 2012

Laetitia, 41 ans, préparatrice en pharmacie, a été greffée cardiaque en 2012, suite à une pathologie familiale. Elle nous raconte…

J’ai découvert ce qu’était la greffe cardiaque quand j’avais 9 ans puisque ma maman, qui avait la trentaine, a dû être greffée suite à une cardiomyopathie… Pendant longtemps, ma maladie (puisque je suis également touchée) n’a eu quasiment aucun impact sur ma vie quotidienne. Malgré un léger essoufflement, je faisais du sport, je travaillais, j’ai eu une petite fille… Tout allait bien.

C’est lors de mon second début de grossesse que la situation a dégénéré très rapidement.  Une consultation « de contrôle » chez le cardiologue s’est révélée extrêmement inquiétante, ma fonction d’éjection étant réduite à 30% au lieu des 70-75% requis. Suite à un second avis médical, j’ai du subir une interruption médicale de grossesse et peu de temps après, j’ai eu un gros malaise cardiaque avec douleur dans le bras. J’ai ensuite été inscrite sur liste d’attente à Caen, puis en mars 2012, j’ai changé de centre pour rejoindre celui de Rennes, et dû m’adapter à cet état de santé en dégradation, et à une vie « au ralenti ».

En juin 2012, tout s’est précipité : ma « fonction cardiaque a chuté brutalement à 10%, nécessitant une hospitalisation en urgence : les organes vitaux « lâchaient », le pronostic vital était fortement engagé, et un protocole d’urgence a été enclenché. Je devais être branchée 48h sur cœur artificiel, j’ai donc été endormie un dimanche midi et… le soir, un cœur est arrivé, j’ai donc été greffée dans la foulée ! L’intervention a été difficile et chaotique car j’étais en très mauvais état général (mes reins, notamment, fonctionnaient très mal), et je ne me suis vraiment réveillée que 3 semaines plus tard. Mais j’étais jeune, volontaire, et j’avais « la niaque », malgré un gros phénomène de rejet précoce. J’ai progressé de jour en jour, et très bien récupéré jusqu’à ne plus avoir aucune séquelle, et pouvoir reprendre le travail.

Quelques années après, j’ai pu envisager une grossesse et obtenir le feu vert de l’équipe médicale. Elle ne s’est pas déclenchée très vite, et a évidemment été suivie très strictement, mais Rose aura bientôt un an ! Elle est « mon petit miracle », car après avoir retrouvé la vie grâce à un don, je suis infiniment heureuse de lui avoir à mon tour transmise.

Aujourd’hui, j’ai le quotidien de toute maman qui travaille, mais je ne me sens pas plus fatiguée que les autres, et je supporte sans aucune difficulté les contraintes du traitement. Je vis normalement. Ma sœur également malade a, à son tour, été greffée il y a 2 ans ½. J’aurai donc vécu la greffe personnellement, mais aussi en tant que fille, et que sœur. Je mesure pleinement l’incroyable chance dont j’ai pu bénéficier (ainsi que ma famille), et je peux vraiment affirmer que la greffe m’a sauvé la vie.

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