L'observatoire du cœur des Français

Le coeur des Français,
résultats de l'observatoire

Janvier 2017

Résultats de l'observatoire du coeur des Français

Le cœur est l’organe le plus important du corps humain pour une large majorité de Français…

À la question « Parmi les différents organes du corps humain, lequel est le plus important pour vous ? », les Français sont 65% à répondre spontanément le cœur. Une réponse encore plus marquée pour les femmes (69% contre 61% pour les hommes) et pour les personnes âgées : 76% chez les 75 ans et plus. Il arrive ainsi loin devant le cerveau, cité par seulement un Français sur cinq.

… Mais ils sont toutefois insuffisamment conscients des méfaits des maladies cardio-vasculaires

Bien que 4 Français sur 10 aient un proche atteint par une maladie cardio-vasculaire (MCV), la population ignore l’ampleur et la gravité de ces maladies. Les Français sous- estiment le nombre de décès provoqués par les MCV. 58% d'entre eux ignorent qu'elles sont la première cause de mortalité chez les femmes. Ils sont 77% à penser qu’elles provoquent moins de 200 décès par jour en France. Un chiffre qui monte à 88% pour les moins de 35 ans. Une estimation bien loin de réalité : la moyenne nationale représente le double, avec 400 décès par jour liés aux MCV, soit 150 000 décès par an.

Et c’est peut-être parce qu’il est insuffisamment conscient des méfaits des MCV que plus d’un Français sur deux (51%) n’a jamais parlé de facteurs de risque cardio-vasculaire à un professionnel de santé, que ce soit un médecin généraliste ou un spécialiste.

Les Français pensent prendre bien soin de leur cœur… Mais ils ont encore beaucoup à faire pour s’améliorer

Bien bouger et limiter la sédentarité

« Quels sont les moyens que vous connaissez ou dont vous avez entendu parler pour se protéger contre les maladies et les risques cardio-vasculaires ? ». À cette question, 57 % des Français placent de manière spontanée en première réponse le fait de faire du sport ou d’avoir une activité physique régulière. Ils ont cependant une perception erronée de ce qu’est réellement une pratique régulière. Pour près de 8 Français sur 10, faire une séance d’1 heure d’activité physique par semaine suffit, ce qui n’est malheureusement pas assez.61 % des Français considèrent qu’ils exercent une activité physique régulière, mais en réalité ils ne sont que 21 % à bouger durant au moins 30 minutes d’affilée plus de trois fois par semaine, se rapprochant ainsi des recommandations officielles. Tandis qu’ une large majorité des Français ne bouge pas assez : 31 % pratiquent une activité physique deux à trois fois par semaine , 27 % moins de deux fois par semaine et même 11 % déclarent ne jamais bouger.

Ces comportements ne s’améliorent pas d’une génération à l’autre. En effet, si 70% des Français considèrent que leurs enfants font autant ou plus d’activité physique aujourd’hui qu’eux-mêmes en faisaient au même âge, et 72% pour les grands-parents vis-à-vis de leurs petits-enfants, ces estimations sont pourtant bien loin de la réalité. En France, moins de 50% des enfants respectent les 60 minutes d’activité physique quotidiennes préconisées par les autorités sanitaires2.

En parallèle, les Français devraient limiter leur sédentarité. 82% d’entre eux restent assis ou allongés sans se lever pendant plus de deux heures au moins une fois par semaine. Et à l’échelle d’une journée près d’une personne sur deux reste assise ou allongée durant deux heures au moins. Cette sédentarité est très néfaste pour l’organisme. Elle pourrait tuer quasiment autant que le tabac.2

L’alimentation protectrice des artères et du cœur

52% des Français citent l’alimentation parmi les moyens de lutte et de prévention contre les maladies cardio-vasculaires et 77% des Français déclarent avoir une alimentation équilibrée. Cependant, comme pour l’activité physique, il y a un décalage entre perception et réalité. Seuls 40% des Français mangent des fruits et 38% des légumes tous les jours. Le minimum recommandé des 5 portions de fruits et légumes quotidiennes n’est atteint que par un 1/3 des Français.

Pour ce qui est de la consommation de sel, 64% des Français resalent leurs plats à table, dont 24% systématiquement ou fréquemment. Une donnée particulièrement préoccupante, alors que les plats préparés et les produits industriels sont déjà trop riches en sel… L’excès de sel rigidifie les artères et favorise l’hypertension artérielle, l’un des principaux facteurs de risque d’infarctus du myocarde et d’Accident Vasculaire Cérébral (AVC).

Le tabac, premier tueur évitable

22% des Français seulement citent l’arrêt du tabac ou le fait de ne pas fumer dans les moyens de prévention et de lutte contre les maladies cardio-vasculaires. Or le tabagisme, c’est 25% des décès cardiovasculaires survenant avant 70 ans. C’est le facteur responsable de 70 à 80% des infarctus du myocarde des sujets de moins de 50 ans, tant hommes que femmes. Quand on veut lutter contre les MCV, arrêter de fumer n’est pas une option, c’est la première mesure à prendre.


La prévention des maladies cardio-vasculaires est possible

Eclairage du Professeur André Vacheron, cardiologue, membre de l'académie des sciences morales et politiques, ancien président de l’académie de médecine et président honoraire de la Fédération Française de Cardiologie

Qui sont les malades atteints par une pathologie cardio-vasculaire ?

Les maladies cardio-vasculaires ne frappent pas au hasard. Elles ont des facteurs de risques que l’on connaît bien et que l’on peut prévenir comme le tabac, l’hypercholestérolémie, la surcharge pondérale, le diabète, la faible consommation de fruits et légumes, la consommation excessive d’alcool, de sel, de graisses riches en acide gras saturés, la sédentarité et surtout l’hypertension artérielle.

Aujourd’hui, s'il n'est pas possible de tout prévenir, dans bien des cas, la prévention dépend d'une modification des comportements. Les études anglaises Whitehall I et II3, menées sur plus de 19 000 fonctionnaires anglais durant 38 ans, ont montré qu’un adulte de 50 ans fumeur, hypertendu et hypercholestérolémie a une espérance de vie réduite de 10 ans, et même de 15 ans s’il est obèse et qu’il a du diabète.

Pourquoi les Français méconnaissent-ils l’impact des maladies cardio-vasculaires ?

La population actuelle refuse de vieillir et méconnaît les dangers d’une pathologie qui est la plupart du temps tout à fait silencieuse. Si les maladies cardio-vasculaires ne frappent pas au hasard, elles frappent sans prévenir. Les Américains appellent ainsi l’hypertension artérielle le « silent killer ». C’est pourquoi, il est important d’effectuer un dépistage à mi- vie et de contrôler les facteurs de risques cardio-vasculaires pour prévenir autant que possible l’accident cardio-vasculaire.

Les maladies cardio-vasculaires, auxquelles il faut associer les maladies cérébro- vasculaires, restent la première cause de mortalité chez les femmes et après 65 ans. Elles sont la source de lourds handicaps : insuffisance cardiaque, hémiplégie… Leur prévalence augmente régulièrement. Elles sont responsables de 29% des décès.

L’étude montre un décalage entre perception et réalité. Les Français pensent bien faire, mais la réalité est toute autre

Les recommandations élaborées à partir des données scientifiques accumulées depuis des années sont insuffisamment suivies. Les objectifs parfaitement définis sont rarement atteints, même dans le domaine de la prévention secondaire où les preuves des bénéfices sont les mieux démontrées. Une étude réalisée en Écosse montre que plus de 50% de la diminution de la mortalité cardio-vasculaire est due à la lutte contre le tabagisme, l’hypercholestérolémie et l’hypertension artérielle. Je tiens à rappeler que le tabac est le premier tueur évitable. C’est universellement admis par la communauté scientifique.

C’est pourquoi le bien-vieillir doit être préparé très tôt, dès la jeunesse et l'âge moyen de la vie.

 

LE DOSSIER COMPLET
1- Les Français et leur coeur
2- Les experts commentent l'étude
3- Les conseils pratiques de la Fédération Française de Cardiologie

L'observatoire du coeur des Français

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Mis à jour le 26/10/2020