Observatoire du cœur n°6 : Cœur des seniors

Que savent les seniors
de leur coeur ?

Que savent les seniors de leur coeur et comment le protègent-ils ?

RÉSULTATS DE L’OBSERVATOIRE DU COEUR DES FRANÇAIS FÉDÉRATION FRANÇAISE DE CARDIOLOGIE (ENQUÊTE IFOP)1

Dans l’ensemble, les seniors sont bien informés sur les maladies cardio-vasculaires. Ils ont néanmoins encore des progrès à faire pour prendre réellement bien soin de leur coeur... Mais il n’est jamais trop tard : les bénéfices de la prévention cardio-vasculaires sont indéniables même lorsqu’on est senior !

Les connaissances sur la prévention des risques cardiovasculaires restent fragiles

En accompagnant les seniors dans leurs réponses aux questions, ceux-ci semblent disposer d’une bonne connaissance des facteurs de risque cardio-vasculaires. Ils sont ainsi une grande majorité (85 % à 99 %) à relever le rôle déterminant de certains facteurs dans le développement de maladies cardio-vasculaires comme le tabagisme, le cholestérol, le diabète, l’hypertension, le stress, une mauvaise alimentation ou encore l’absence d’activité physique. Mais leurs connaissances s’avèrent finalement fragiles lorsqu’il s’agit de citer les moyens pour se protéger contre les maladies et les risques cardio-vasculaires. Ainsi, certains moyens de prévention sont spontanément peu mentionnés : ne pas fumer est cité par moins d’1/3 des répondants (27 %) ; surveiller son cholestérol, sa tension et éviter l’hypertension sont encore bien moins souvent évoqués (respectivement 2 %, 1 % et 4 %), alors qu’il s’agit de moyens de prévention essentiels.

L’incidence de la précarité et de l’isolement social sur le développement des maladies cardio-vasculaires est sous-estimée

La précarité et l’isolement social touchent de plus en plus fortement les seniors2 et peuvent avoir de graves conséquences sur leur santé. La précarité accroît ainsi la consommation de tabac et d’alcool, le manque d’exercice physique, le stress, la dépression, une mauvaise alimentation entraînant un surpoids ; des facteurs de risque majeurs pour 80 % des maladies cardiovasculaires. Les personnes seules ont, quant à elles, 2 fois plus de risques de développer une maladie cardio-vasculaire.
Malheureusement, l’incidence de ces deux facteurs n’est pas encore suffisamment connue des seniors. Ils sont en effet respectivement plus d’1/4 (26 %) et presque 1/3 (32 %) à considérer que la précarité et l’isolement social ne sont pas majeurs dans le développement des maladies cardio-vasculaires.

La vulnérabilité cardiaque et vasculaire des femmes au moment de la ménopause est méconnue

Les seniors sont plus de la moitié (56 % tout sexe confondu ; 53 % chez les femmes) à ne pas connaître l’impact de la ménopause sur les maladies cardio-vasculaires. Durant cette période, les femmes perdent pourtant la protection que leur offrent leurs hormones, les oestrogènes. Elles ont aussi tendance à prendre du poids et surtout de la graisse abdominale, à avoir un excès de mauvais cholestérol et à développer du diabète. Tous ces facteurs multiplient le risque de développer des plaques d’athérome dans les artères et donc, le risque d’accident cardio-vasculaire.


La consultation régulière de son médecin traitant n’apparaît pas comme une priorité pour le senior

Seulement 5 % des seniors citent la consultation régulière chez son médecin traitant comme un moyen de se protéger contre les maladies et les risques cardio-vasculaires. Pourtant, un suivi médical régulier est primordial pour une bonne prévention cardio-vasculaire, quel que soit le sexe et dès 50 ans. Ils sont encore plus de 40 % à ne pas le savoir et pour plus de 20 % d’entre eux, ce suivi doit avoir lieu uniquement à partir de 60 ans.

L’activité physique n’est pas suffisamment présente dans leur quotidien

L’importance d’une activité physique quotidienne dans la prévention des maladies cardio-vasculaires ne fait aucun doute pour la majorité des seniors puisqu’il s’agit du 1er moyen de protection qu’ils citent de manière spontanée (61 %). Mais dans la réalité, on est encore très loin des bonnes pratiques ! Les seniors dans leur grande majorité bougent en effet bien trop peu : ils sont moins d’1/3 à pratiquer de manière quasiquotidienne une activité physique et 25 %, 2 à 3 fois par semaine, quand seulement 4 % d’entre-eux en font au
moins 4 fois par semaine. Or, pour qu’une activité physique apporte un réel bénéfice santé et permette notamment de réduire les risques d’accidents cardio-vasculaires, il est nécessaire de la pratiquer au moins 30 minutes par jour. Une fréquence/intensité qui devrait passer dans l’idéal chez les plus de 65 ans à 1 h par jour, selon le Pr François Carré, cardiologue du sport au CHU de Rennes et ambassadeur FFC. Leur connaissance sur les bienfaits du sport après 60 ans demande à être également renforcée. Pour encore 44 % des seniors interrogés, les effets de l’activité physique se feraient ressentir bien plus tard que pour les adultes moins âgés. Il s’agit là d’une idée fausse, puisqu’un senior qui reprend une activité physique peut déjà au bout de moins d’1 mois en ressentir les bienfaits.

Malgré de relatives bonnes habitudes alimentaires, certaines nécessitent d’être revues, afin de lutter durablement contre les maladies cardio-vasculaires

73 % des seniors ne mangent pas les 5 portions de fruits et légumes quotidiennes recommandées. Ils consomment en moyenne seulement 3,6 portions par jour. Les seniors sous-estiment également l’importance de l’apport en protéines dans leur alimentation : seul un peu plus d’1/3 (35 %) sait que pour réduire son risque cardio-vasculaire, un senior doit en manger davantage qu’un adulte de moins de 50 ans.
Ils se montrent en revanche très raisonnables quant à leur consommation en viande rouge, puisqu’ils sont moins d’1/3 (24 %) à en manger au moins 3 fois par
semaine.
Autre point positif, ils sont moins d’un quart (13 %) à resaler systématiquement ou fréquemment leur plat. Ils sont également peu nombreux (9 %) à consommer au moins trois fois par semaine des plats « tout préparés ». Des données particulièrement rassurantes quand on connait le taux élevé de sel dans les produits industriels et son incidence sur le développement de l’hypertension artérielle, un des facteurs majeurs de risque d’infarctus.

Observatoire du cœur des Français : Cœur des seniors

Télécharger

AU SOMMAIRE DE CE DOSSIER : 
1- Protéger le coeur des seniors, une priorité pour tous
2- Que savent les seniors de leur coeur et comment le protègent-ils ?
3- Avis d’experts
4- Les conseils pratiques de la Fédération Française de Cardiologie

 

-------
Sources : 

1. Enquête menée par l’IFOP à partir d’un questionnaire auto-administré en ligne du 12 au 16 octobre 2018, auprès d’un échantillon de 1 007 personnes représentatifs
de la population française de 60 ans et plus.
2. 48 % des seniors vivent en dessous du seuil de pauvreté – source : Rapport de statistiques de 2015 du Secours Catholique ; 300 000 Français de plus de 60 ans
sont en situation de mort sociale – source : étude Solitude et isolement, quand on a plus de 60 ans en France en 2017 des Petits frères des Pauvres.