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Recherche
sur le cœur des femmes

Recherche sur le cœur des femmes, une urgence en matière de santé publique

La Fédération Française de Cardiologie engagée sur deux projets majeurs, révélation des premiers résultats

Le 5 mars 2021

En France, les maladies cardiovasculaires sont à l’origine d’environ 140.000 décès/an1 , soit 400 morts par jour, dont plus de la moitié sont des femmes2 . Le cœur des femmes est donc une priorité pour la Fédération Française de Cardiologie (FFC) qui soutient des programmes de recherche de grande ampleur : E3N et WAMIF, visant à mieux comprendre les spécificités féminines biologiques et cliniques des maladies cardiovasculaires et ainsi améliorer leur prise en charge.

LA FFC SOUTIENT DES PROGRAMMES DE RECHERCHE POUR MIEUX PRENDRE SOIN DU CŒUR DES FEMMES

Les maladies cardiovasculaires représentent la première cause de mortalité chez les femmes, bien avant le cancer, avec 1 femme sur 3 qui en décèdera2 . On observe par ailleurs, une forte progression du nombre d’infarctus chez les femmes jeunes. Entre 2008 et 2013, le taux d’hospitalisation pour un infarctus du myocarde chez les femmes de 45 à 54 ans a augmenté de 5 % par an3.

Les facteurs de risque (obésité, diabète) et les modes de vie (stress, activité physique insuffisante, alimentation peu équilibrée, consommation de tabac et d’alcool) chez les femmes jeunes laissent présager une augmentation de leur incidence dans les années à venir.

Pour faire face à cette urgence de santé publique, la FFC s'engage auprès de chercheurs de renom pour soutenir des programmes inédits permettant de mieux comprendre, prévenir et soigner les maladies cardiovasculaires des femmes

E3N : UNE ÉTUDE MENÉE PAR UNE FEMME POUR LES FEMMES DESTINÉE A CRÉER UN SCORE DE RISQUE POUR ANTICIPER L’ACCIDENT CARDIAQUE CHEZ LA FEMME

L’étude E3N (Etude Epidémiologique auprès de femmes de l’Éducation Nationale MGEN) a pour objectif de mieux comprendre les facteurs de risque d’évènements coronariens sévères de la femme à travers l'analyse de leur mode de vie et leur alimentation. Plus précisément, cette étude vise à créer des scores de risque spécifiques, actuellement inexistants, pour mieux anticiper l’accident cardiaque chez la femme. Dirigée par le Dr Marie-Christine BoutronRuault, directrice de recherche à l’INSERM, docteur en nutrition et HDR (Habilitation à Diriger les Recherches) en épidémiologie, cette étude de grande ampleur lancée en 1990 est dédiée à la santé de la femme et s’appuie sur une cohorte de près de 100 000 femmes volontaires françaises nées entre 1925 et 1950.

Les premiers résultats de l’étude E3N révèlent plusieurs facteurs de risque :

  • Par exemple, la ménopause précoce avant 45 ans est associée à une augmentation de 66 % du risque d’évènements coronariens sévères.
  • L’hypertension artérielle est un facteur de risque d’accidents vasculaires cérébraux et d’événements coronariens lui-même influencé par des facteurs hormonaux et nutritionnels :
    • l’hystérectomie augmente de 13 % le risque d’hypertension o l’endométriose de 17 %
    • les fibromes utérins de 15 % o les femmes sujettes aux migraines ont 55 % de plus de risque de développer une hypertension que les non-migraineuses
    • le risque d’hypertension artérielle augmente aussi avec une grande consommation d’œufs ou de fromages industriels mais aussi avec les aliments pro-inflammatoires, tels que les glucides raffinés (pain blanc, pâtisseries), les aliments frits, les boissons gazeuses ou sucrées, la viande rouge ou transformée (hot-dogs, saucisses), la margarine et le saindoux. En revanche, bonne nouvelle, la consommation modérée de chocolat noir nature diminue ce risque !

L’étude E3N-cardiovasculaire est donc très importante puisqu’elle identifie des facteurs de risque ou protecteurs des maladies cardiovasculaires chez les femmes françaises, permettant aux professionnels de santé (médecins traitants, gynécologues en particulier) un meilleur suivi de leurs patientes, voire la mise en place d'un traitement préventif. Programmé sur 4 ans et financé depuis 2017 à hauteur de 632 000 € par la FFC, ce projet de recherche ambitieux est le seul au monde mené à 100 % sur des femmes par une femme.

WAMIF : UNE ETUDE PROSPECTIVE POUR INDENTIFIER LES CARACTERISTIQUES DES INFARCTUS DU MYOCARDE CHEZ LA FEMME JEUNE

L’étude française WAMIF (Young Women Presenting Acute Myocardial Infarction in France), analyse les caractéristiques cliniques, morphologiques et biologiques de femmes âgées entre 18 et 50 ans admises à l'hôpital pour un infarctus du myocarde et évalue leur pronostic à court et moyen termes. Ainsi, cette étude a inclus 314 patientes d’une moyenne d’âge de 43 ans dans 28 centres en France. Lors de leur prise en charge pour infarctus, on retrouve que 75 % étaient fumeuses, 59 % en surpoids ou obèses, 26 % avaient eu des grossesses compliquées (prééclampsie, diabète gestationnel, hypertension…), 31,5 % étaient sous contraception hormonale et 15 % déjà ménopausées. Dirigée par le Dr Stéphane Manzo-Silberman, cardiologue à l’Hôpital Lariboisière (Paris), cette étude, a pour objectif de mieux appréhender les mécanismes physiopathologiques des infarctus du myocarde des femmes de moins de 50 ans. Les résultats donneront lieu à des recommandations auprès des professionnels de santé : généralistes, gynécologues, cardiologues. Ils pourront ainsi non seulement estimer les facteurs de risque prédisposant de leurs patientes et leur proposer une prise en charge et un suivi adaptés. L'étude WAMIF permettra aussi d’établir des stratégies de prévention voire de dépistage au niveau national chez les femmes jeunes.

Les premiers résultats de l’étude WAMIF révèlent plusieurs éléments clés :

  • 33 % des patientes avaient moins de 35 ans.
  • 55 % des patientes victimes d’un infarctus du myocarde ont vécu en amont un stress émotionnel.
  • 90 % d’entre elles ont ressenti une douleur dans la poitrine typique au moment de l'infarctus.
  • 34 % des patientes avaient présenté des symptômes d'alerte dans les jours précédents.
  • 192 patientes (61 %) ont souffert d’une forme d’ischémie dite STEMI (ST Segment Elevation Myocardial Infarction). Il s’agit de la forme la plus grave du syndrome coronarien aigu qui se caractérise par une occlusion complète du vaisseau entraînant un risque de dommage irréversible sur le cœur si une intervention d’urgence dans un centre de cardiologie interventionnelle n'est pas réalisée dans les premières heures.
  • 122 patientes ont été touchées par une forme d’ischémie dite NSTEMI (nonSTEMI) qui correspond à une occlusion partielle du vaisseau, permettant une circulation du sang qui limite les dommages sur le cœur.
  • 17 % des patientes ont présenté une dissection aiguë et spontanée des artères coronaires (SCAD), sorte de déchirure spontanée des artères coronaires entraînant la formation d’un caillot, le plus souvent causée par le stress.
  • 30 % des patientes avaient des lésions multiples sur leurs coronaires malgré leur jeune âge.

Le projet est financé à hauteur de 65 000 € par la FFC et s’est déroulé sur une durée de 30 mois, de mai 2017 – novembre 2020.

« Ces 10 dernières années, la Fédération Française de Cardiologie a financé 343 projets de recherche. En 2020, nous en avons soutenu 52 pour un montant de 3,1 millions d’euros. Nous sommes fiers de soutenir des programmes spécifiques innovants sur la santé cardiovasculaire des femmes qui sont malheureusement sous-représentées dans les programmes de recherche. Ces maladies sont en constante progression chez les femmes. Nous nous devons de lutter aux côtés des chercheurs qui se mobilisent et dont le travail joue un rôle capital dans la prévention et l’amélioration de la prise en charge. » précise le Professeur Alain Furber, Président de la Fédération Française de Cardiologie

 

1 https://solidarites-sante.gouv.fr/soins-et-maladies/maladies/maladies-cardiovasculaires/article/maladies-cardiovasculaires

2 European cardiovascular disease statistics. Eur Heart journal 2013; 34:3028-34. InVS. BEH 2008, 2012, 2014, 2016

3 BEH, mars 2016 http://beh.santepubliquefrance.fr/beh/2016/7-8/2016_7-8_0.html

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Mis à jour le 08/03/2021