Observatoire du coeur n°3 : Priorité à la recherche

La recherche,
une mission phare de la FFC

Un pilier incontournable de la recherche cardio-vasculaire

Action majeure pour la FFC, la recherche repose sur une organisation et des moyens de plus en plus ambitieux. Elle est quotidiennement guidée par un souci de qualité et d’adéquation avec les besoins réels des patients et des professionnels de santé. Mieux prévenir les maladies cardio-vasculaires, mieux les guérir, découvrir et former les talents de demain, sont autant d’objectifs que se fixe la commission scientifique de la FFC.

La FFC, premier organisme privé indépendant financeur de la recherche cardio-vasculaire

La recherche constitue l’une des quatre grandes missions de la Fédération aux côtés de la prévention, de l’accompagnement des malades cardiaques et de l’initiation aux gestes qui sauvent. Cette mission recherche prend la forme d’un soutien financier couvrant les grandes maladies cardiaques : maladies coronaires, troubles du rythme, insuffisance cardiaque… Et grâce au seul soutien de ses donateurs, la FFC est aujourd’hui l’un des premiers financeurs privés de la recherche cardio-vasculaire en France.


Une commission d’experts reconnus

Pour piloter sa politique de soutien à la recherche, la Fédération s’appuie sur une commission scientifique. Présidée par le professeur François Delahaye du CHRU de Lyon, elle compte seize membres bénévoles aux profils et parcours très variés. Ce sont des chercheurs fondamentaux* ou cliniques*1, issus de diverses régions françaises, et exerçant dans toutes les spécialités. Des spécialistes capables de comprendre et d’évaluer les différents types de projets.
Deux fois par an, la commission se réunit pour examiner les demandes. Chaque dossier est minutieusement examiné à l’aune de critères précis : la faisabilité du projet, l’intérêt de la thématique, le réalisme du budget, ainsi que le projet professionnel du candidat. « Ce qui guide nos décisions c’est avant tout la qualité scientifique des projets » souligne François Delahaye. En 2016, ce sont 120 dossiers qui ont été soumis et analysés.

Une approche innovante au service des maladies cardio-vasculaires

Plus globalement, la commission scientifique privilégie des sujets parfois « parents pauvres » de la recherche, mais qui répondent à un réel besoin pour les malades. Elle s’attache également à se positionner sur des thématiques en réponse avec les évolutions de fond de la médecine comme l’émergence de l’éducation thérapeutique du patient. Comme François Delahaye le commente « l’éducation
thérapeutique n’existait pas il y a 10 ou 15 ans en cardiologie mais elle s’est développée. On a ainsi pu démontrer, grâce au soutien de la Fédération, que le pronostic était meilleur pour un patient qui savait se prendre en charge. “Si je m’occupe bien de mon insuffisance cardiaque, je vais avoir moins d’événements de santé.” C’est pourquoi nous avons des bourses dédiées à ce domaine de l’éducation thérapeutique. » La FFC joue également un rôle unique et déterminant pour les femmes, grandes oubliées de
la maladie cardio-vasculaire. 
Savoir identifier les femmes à risque, être en mesure de les soigner avec des traitements adaptés à leur physiopathologie, améliorer leur prise en charge, autant de sujets sur lesquels la Fédération intervient avec force.

Un booster pour les talents de demain

La FFC soutient différents profils de chercheurs, souvent de jeunes professionnels, au travers de bourses ou dotations :

  • Des étudiants en médecine en cours d’internat souhaitant faire un Master II de recherche et qui doivent, pour ce faire, interrompre durant une année leur parcours de formation.
  • Des jeunes cardiologues qui partent pendant un an faire de la recherche dans un laboratoire à l’étranger
  • Des équipes émergentes, constituées de jeunes chercheurs, aux profils et sujets prometteurs mais qui ne peuvent pas dans l’immédiat, rivaliser avec les équipes plus expérimentées établies depuis longtemps

Des aides pour adresser tous les besoins

En plus du soutien aux talents de demain, la FFC subventionne également d’autres types de projet pour répondre à tous les besoins :

  • Des bourses d’étude à l’étranger
  • Des dotations visant à financer des projets de grande ampleur, avec une approche fondamentale, translationnelle2 ou épidémiologique
  • Des appels d’offres ciblés pour des sujets peu éligibles à d’autres financements par ailleurs.

Une mission : hisser la recherche française au-devant de la scène internationale

Dans les classements internationaux, l’unité de mesure est le nombre et la qualité des publications scientifiques originales. La notoriété de la cardiologie française dépend de ses travaux de recherche. La FFC, en soutenant des projet novateurs et pointus, favorise ainsi le rayonnement de la recherche et de la médecine française dans le monde.


La recherche cardio-vasculaire de la FFC en chiffres

Alors que l’Agence nationale de Recherche (ANR), principal financeur public de la recherche en France consacre moins d’1 % de son budget aux maladies cardio-vasculaires, voici quelques chiffres éloquents qui démontrent le soutien de la Fédération Française de Cardiologie à cette cause majeure.

 

 

1. Livre Blanc cardiologie 2014
2. L’allocation René Foudon permet de soutenir la recherche en région lyonnaise grâce à la générosité de M. René Foudon, qui a légué l’ensemble de ses biens à la recherche
en cardiologie. Aisni, les chercheurs de la région lyonnaise peuvent prétendre à une dotation d’un montant maximum de 300 000 e. Un jury scientifique de cardiologues se
réunit alors pour choisir le ou les meilleur(s) projet(s).
3. Voir p. 10 pour des informations complémentaires sur le projet E3N


La FFC cultive la pépinière des futurs talents de la recherche cardio-vasculaire

Quel parcours avez-vous eu avant de devenir Professeur des universités en cardiologie ?

Comme tous les chercheurs en médecine, j’ai commencé par un master 2 de recherche pendant mon internat. Il s’agit d’une pause dans sa formation médicale pour se consacrer à un projet dans une équipe de recherche, le plus souvent une équipe Inserm. J’ai ensuite continué avec une thèse de doctorat, puis je suis parti à l’étranger. C’est ce qu’on appelle la mobilité. Pour devenir hospitalo-universitaire statutaire, c’est-à-dire maître de conférence des universités, puis professeur, il est indispensable de partir travailler un an dans un laboratoire autre que le sien. La plupart du temps ces années dites de « mobilité » se font à l’étranger, dans un laboratoire anglo-saxon bien souvent. On peut tisser des liens avec des chercheurs, travailler dans des structures importantes, publier dans des revues prestigieuses mais aussi apprendre à maîtriser l’anglais qui reste la langue de la recherche. J’ai ainsi effectué mon année de mobilité en 2014-2015 dans l’équipe du Pr Tinker, à la Queen Mary University à Londres, où j’ai pu approfondir mes recherches sur la mitochondrie1. C’est grâce à cette expérience que je suis devenu maître de conférences, puis professeur en 2016.

Est-ce que la cardiologie est une spécialité qui favorise davantage les vocations de chercheurs ?

En tant qu’étudiant en cardiologie, on est très vite amené à découvrir le monde de la recherche. C’est passer d’un univers où on sait, à un univers où on ne sait rien et où on doit en permanence découvrir.

David MontaigneÀ quel moment de votre parcours de chercheur avez-vous bénéficié d’un soutien de la FFC ?

À deux reprises, d’abord dans le cadre de mon master et ensuite pour me permettre d’effectuer mon année de mobilité. Durant mon master le soutien de la FFC m’a permis de me concentrer sur mes études sans avoir à effectuer de remplacements. Pour réaliser mon projet de mobilité, la bourse a été essentielle ! Je savais que je voulais rejoindre l’équipe du Pr Tinker pour approfondir mon sujet de recherche et la bourse de la FFC a été un véritable accélérateur.

Quel est le rôle selon vous de la FFC dans la recherche en cardiologie en France ?

La FFC joue un rôle essentiel : permettre aux étudiants et aux chercheurs de réaliser leurs désirs de carrière en assurant une sécurité financière indispensable. Il y a finalement très peu de structures qui financent ces étudiants et chercheurs.

 

« La chirurgie cardiaque moins risquée l’après-midi »
Parution dans la revue Lancet, octobre 2017

L’équipe lilloise des Pr Montaigne et Staels2 a récemment découvert l’incidence du choix du moment de la journée lors d’une chirurgie cardiaque, pour les patients à « haut risque ». Depuis plus de 5 ans, les études sur les rongeurs pointent une variation de tolérance du coeur à la privation d’oxygène corrélée au rythmebiologique de la journée. Grâce au soutien de la Fédération Française de Cardiologie, cette équipe de chercheurs a pu approfondir ces observations et valider l’hypothèse selon laquelle les patients à haut risque opérés l’après-midi récupèrent mieux que ceux opérés le matin.
La chirurgie cardiaque étant très bien maîtrisée, ces constats ne s’appliquent qu’aux seuls patients à fort risque. Et l’enjeu à venir est avant tout de développer des médicaments qui modifieraient le fonctionnement de l’horloge biologique pour une application dans d’autres contextes d’ischémie3 du coeur.

1. La mitochondrie est le lieu de la respiration cellulaire. Celle-ci est un ensemble de réactions qui permettent de convertir le glucose en molécule énergétique. La mitochondrie
est souvent qualifiée d’usine énergétique de la cellule.
2. Université de Lille 2 et CHRU de Lille
3. Diminution ou arrêt de la circulation artérielle dans une région plus ou moins étendue d’un organe ou d’un tissu (Larousse)

L'observatoire du coeur : priorité à la recherche !

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LE DOSSIER COMPLET : 
Sommaire
1- La recherche, une mission phare de la FFC
2- Inclure les femmes dans la recherche sur les maladies cardio-vasculaires, un engagement fort, la FFC pionnière en la matière
3- Une relation privilégiée avec les donateurs