J'apprends à gérer mon stress

Le stress,
quelles conséquences pour la santé ?

Comment le stress peut vous rendre malade ?

Le stress est une réaction physiologique normale qui survient en cas de pression ou d’agression de notre environnement. Chacun d’entre nous est exposé au stress, mais nous ne réagissons pas tous de la même manière.

Chez certains plus vulnérables, le stress génère de l’anxiété chronique et se trouve à l’origine de certaines maladies comme la dépression, le burn-out, l’alcoolisme, mais aussi… les maladies cardio-vasculaires.

Stress aigu et stress chronique

Un stress aigu est un stress qui survient suite à un élément déclencheur comme l’attente d’une décision ou la perspective de devoir faire un discours public. Il est de courte durée et peut même avoir un effet positif sur l’organisme en décuplant les performances.

Il arrive cependant que la situation stressante dure beaucoup plus longtemps lorsque les épisodes de stress sont très fréquents ou que la personne ne réagit pas de façon adéquate au stress.

L’organisme entre alors dans une phase d’épuisement : les hormones produites pour contrer le stress le sont en permanence, ce qui est très coûteux en énergie. L’une de ces hormones, le cortisol, bloquerait alors la production de neurones dans l’hippocampe, conduisant potentiellement à la dépression.

Un risque majoré pour les maladies cardio-vasculaires

A terme, le stress chronique favoriserait l’apparition de nombreuses maladies et en aggraveraient l’évolution. Une étude parue en 20041, devenue depuis une référence, avait montré l’impact important du stress chronique sur la santé cardio-vasculaire en influant notamment sur l’hypertension.

Celui-ci multiplierait par 2,5 le risque de contracter un infarctus du myocarde2 !

Des risques cardiaques modulés par les différents profils psychologiques ?

L’intérêt pour les profils psychologiques associés au risque cardio-vasculaire constitue une approche complémentaire du repérage des facteurs de stress.

Globalement, cette approche suggère qu’un déséquilibre entre les caractéristiques d’un individu et les exigences de son environnement est à l’origine de la survenue du stress. Ce déséquilibre aurait même plus d’importance que la nature des stresseurs. Les chercheurs ont donc décrit des profils comportementaux susceptibles d’être davantage sujets à risque de ces déséquilibres.

Friedman et Rosenman3 ont d’abord décrit un profil comportemental de type A caractérisé par la convoitise de la performance et l’accomplissement croissant de choses en un temps toujours plus court. Plusieurs études ont permis de mettre en évidence une surmorbidité coronarienne et un risque accru d’infarctus du myocarde chez les individus de type A4-5-6.

Néanmoins, sa pertinence pronostique a peu à peu été mise en doute7 et d’autres caractéristiques de la personnalité, telles que la propension à l’hostilité, ont pris le relais dans les travaux plus récents. C’est ainsi que les chercheurs ont donné naissance au profil de type D11 caractérisé par l’affectivité négative (propension à éprouver de l’anxiété, le découragement ou l’irritation) et l’inhibition dans les relations sociales.

Ainsi, ce profil a pu prédire la mortalité cardio-vasculaire et la vulnérabilité face à un infarctus du myocarde de manière plus fiable que l’existence isolée de chacune de ses composantes dans certaines études8-9-10. Par ailleurs, outre les maladies cardio-vasculaires, le stress chronique pourrait mener à de nombreux maux comme certaines infections cutanées, le diabète de type 2 et le cancer12.

Le stress, quelles conséquences pour la santé ?

En savoir plus

Sources

  1. Effet of potentially modifiable risk factors associated with myocardial infarction in 52 countries (The INTERHEART Study). A case-control study. Yusuf S., Hawken S., Ounpou S., et al.Lancet 2004 ;364 :937-52

  2. Esch T, Stefano GB,et al.Stress in cardiovascular diseasesMed Sci Monit. 2002 May;8(5):RA93-RA101. Synthèse d'études

  3. FRIEDMAN M, ROSENMAN RH. Association of specific overt behavior pattern with blood and cardiovascular findings ; blood cholesterol level, blood clotting time, incidence of arcus senilis, and clinical coronary artery disease. J Am Med Assoc, 1959 ; 169 : 1 286-96.

  4. ROSENMAN RH, BRAND RJ, SHOLTZ RI et al. Multivariate prediction of coronary heart disease during 8.5 year follow-up in the Western Collaborative Group Study. Am J Cardiol, 1976 ; 37 : 903-10.

  5. Groupe Coopératif Franco-Belge. Facteurs psychologiques et cardiopathies ischémiques. Ann Cardiol Angeiol, 1983 ; 32 : 295-302.

  6. HAYNES SG, FEINLEIB M. Type A behavior and the incidence of coronary heart disease in the Framingham Heart Study. Adv Cardiol, 1982 ; 29 : 85-94.

  7. BOOTH-KEWLEY S, FRIEDMAN HS. Psychological predictors of heart disease : a quantitative review. Psychol Bull, 1987 ; 101 : 343-62.

  8. DENOLLET J, SYS SU, STROOBANTNet al. Personality as independent pre dictor of long-term mortality in patients with coronary heart disease. Lancet,1996 ; 347 : 417-21.

  9. PEDERSEN SS, LEMOS PA, VAN VOOREN PRet al. Type D personality predicts death or myocardial infarction after bare metal stent or sirolimus-eluting stent implantation: a Rapamycin-Eluting Stent Evaluated at Rotterdam Cardiology Hos

  10. PEDERSEN SS, DENOLLET J. Validity of the Type D personality construct in Danish post-MI patients and healthy controls. J Psychosom Res, 2004 ; 57 : 265-72.

  11. Type D personality: the heart, stress, and cortisol, QJM: An International Journal of Medicine, Volume 98, Issue 5, Pp. 323-329

  12. PasseportSanté, Santé du cœur : à bas le stress et le gros ventre 

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